Les saints de glaceIls sont au nombre de trois. Saint Mamert, fêté le 11 mai, saint Pancrace, le 12 mai, et saint Servais, le 13 mai. A l’origine, ils devaient protéger les cultures durant ces jours critiques. Mais vu l’inefficacité de leur patronage, ils ont fini par incarner le retour du froid, Inutile de chercher ces saints sur le calendrier, ils ont été remplacés par sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande. En effet, au cours des siècles, le concile de l’Eglise catholique a retiré du calendrier tous les personnages donnant lieu à des pratiques rituelles peu conformes avec la liturgie, et considérées comme païennes. Aux trois premiers saints, certains ajoutent saint Boniface le 14 mai, et saint Urbain le 25 mai.
|
Les saints en dictons
« Saint Pancrace apporte souvent la glace.»
« Avant saint Servais : point d’été, après saint servais : plus de gelée. »
« Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de glace, mais saint Urbain les tient tous dans sa main. »
« Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré.»
Qu'en est-il, s'agit-il uniquement d'une croyance populaire ?
En mai, un gel nocturne se produit lorsqu’une masse d’air froid s’écoule vers nos régions et est associée à une nuit claire. Une incursion neigeuse peut également s’avérer dramatique, notamment pour les arbres déjà en feuilles dont les branches peuvent céder sous le poids de la neige.
Les saints de glace seront-ils au rendez-vous cette année?
Depuis plusieurs décennies, MétéoSuisse mesure non seulement les températures standards à 2 mètres, mais également les températures proches du sol, soit à 5 cm. Ainsi nous parlons de gel à proximité du sol lorsque la température mesurée à 5cm est inférieure ou égale à 0°. Les données étudiées se rapportent au nord des Alpes, à une altitude comprise entre 400 et 600 mètres. Il est clair que certaines régions bénéficient de conditions plus clémentes que d’autres. Par exemple à proximité des grands lacs le risque de gel est plus faible que la moyenne alors que dans des régions surélevées le risque est plus marqué. Dans une vallée fermée, les températures minimales sont environ 2 degrés inférieures à celles mesurées sur une région ouverte. Les résultats statistiques sont donc une moyenne incluant toutes les expositions.
Selon nos observations, en mars, on compte en moyenne, un jour sur deux avec du gel. En avril on ne recense plus qu’un jour sur 4, plutôt en début de mois. En mai la probabilité de gel est en nette diminution avec, en moyenne, un seul jour, qui survient le plus fréquemment dans les dix premiers jours du mois (tableau 1). En juin le gel est très rare, et seulement dans certaines régions très sensibles. Basée sur nos mesures, la probabilité journalière d’avoir du gel en mai est donnée dans le tableau ci-dessous.
|
Probabilité de gel en mai
|
Nous constatons qu’à partir du 10 mai, la probabilité de gel diminue fortement et qu’à la fin du mois le risque est quasi nul. Aux environs du 22 mai, on relève néanmoins une légère augmentation du risque.
|
Alors, pourquoi ces prétendus saints de glace entre le 11 et le 13 mai? Cette croyance est probablement apparue au Moyen Âge. Or, suite au passage du calendrier julien au calendrier grégorien en 1582, un décalage de 10 jours a été introduit. Le 5 octobre 1582 est devenu, le même jour, le 15 octobre. Ainsi la fête d’un saint avant 1582 correspond à une date de 10 jours inférieure à celle sur notre calendrier actuel. Et justement, les statistiques montrent une tendance au gel légèrement plus marquée, juste après le 20 mai.
Il ne faut cependant pas oublier que, sous nos latitudes, l’irrégularité du temps est de règle. Les afflux d’air froid sont fréquents au printemps, et ils demeurent irréguliers, tant au niveau du rythme que de l’intensité.
Qu'en est-il cette année?




