Jet-stream et dynamique d'altitude : une composante nécessaire
Ill. 1 : Jet-stream et courants verticaux (rouge : ascendants ; bleu : descendants) le 12 août 2008 à 12 UTC
Agrandir.jpg, 220 KBGradient thermique : frontière entre les masses d'air
Si la présence d'un jet-stream en altitude est une condition nécessaire à la survenue de précipitations importantes, elle n'est cependant pas suffisante. Tout comme le plus puissant des moteurs ne serait rien sans carburant, la présence d'un "front" est indispensable pour fournir à la dynamique d'altitude le "carburant" sous forme d'humidité et de chaleur. Pour simplifier, on peut dire qu'un front représente une discontinuité (un gradient) dans la répartition des températures, des humidités, des pressions et du champ des vents (vitesse et direction). Cette discontinuité marque la frontière entre les masses d'air polaire et tropicale, laquelle constitue une zone de convergence - donc d'ascendance - responsable de la formation des précipitations. L'illustration ci-dessous permet de visualiser la présence de cette discontinuité le mardi 12 août à 12 UTC. Les plages de couleur correspondent aux températures au niveau 850 hPa (env. 1500 m) telles qu'elles ressortent de la prévision à 12h du modèle européen de 00 UTC ; ce champ montre un gradient de températures très net sur la France voisine. Les obervations de surface montrent le point de rosée (température à laquelle la masse d'air atteint son point de saturation) ainsi que la direction des vents. A l'arrière du front, les points de rosée sont compris entre 10 et 16 degrés (air polaire sec) alors qu'à l'avant ils varient de 16 à 21 degrés (air tropical humide). On distingue également une zone de convergence des vents dans la zone frontale (ligne bleue) ; les vents à l'ouest de cette ligne étant plutôt orientés de sud-ouest à nord-ouest alors qu'à l'est de celle ligne ils ont une orientation plus méridionale, certains étant même orientés au sud-est (apport d'air humide en provenance de Méditerranée).
Instabilité et orages : une composante qui peut faire la différence
La présence ou non d'une forte instabilité fait souvent, en été, office de facteur très aggravant en ce qui concerne les précipitations. En effet, les intensités de pluie à l'intérieure d'une cellule orageuse peuvent atteindre voire dépasser les 100 mm/h. Si d'aventure, comme ce fut le cas lors de cet événement, les courants principaux sont parallèles à l'axe de la perturbation, les précipitations orageuses peuvent se régénérer pendant des heures sur une même région, multipliant du même coup les cumuls finaux par 3 ou plus. C'est ainsi par exemple qu'à Montélimar, MétéoFrance enregistra de 100 à 130 litre par mètre carré en deux heures. Les radiosondages ci-dessous montrent respectivement l'instabilité de l'atmosphère à Payerne et à Montélimar à 12 UTC. La zone en rouge sur le radiosondage de Montélimar (appelée "cape" pour Convective Available Potential Energy) illustre l'énergie potentielle à disposition pour les mouvement convectifs ascendants dus à l'instabilité de l'atmosphère. On constate que si cette énergie est bien présente sur le radiosondage de Montélimar (bien que dans des proportions relativement modestes), elle est absente de celui de Payerne à la même heure. Ceci explique la présence d'orages sur le sud de la France et leur absence en Suisse.
L'illustration ci-dessous donne un aperçu synoptique de cette situation. On y retrouve les précipitations sur la Suisse correspondant à la zone d'ascendance maximale de la perturbation renforcée par la présence du jet-stream (plage de couleur). On retrouve également l'activité orageuse dans la vallée du Rhône sous la forme d'une observation d'orage ainsi que d'impacts de foudre (posititfs et négatifs).
Obersvation en Suisse










